À cheval sur la Dôme et l’Isère, cet immense espace naturel est particulièrement adapté à la pratique du vélo, avec une variété de circuits pour tous niveaux, même si, ici, sont privilégiés les cheminements sur les plateaux, pour une longue excursion de 133 Km, idéale le temps d’un week-end.

De Villard-de-Lans à la Chapelle-en-Vercors

L’accès à la citadelle de pierre de Villard-De-Lans, longtemps restée isolée, a nécessité de titanesques travaux routiers à partir du 19ème siècle, multipliant lacets, tunnels et corniches acrobatiques. De 1920 à 1951, un tramway y grimpait même lentement à partir de Grenoble. Le périmètre du massif est baigné par le Drac, la Drôme et l’Isère. À 1050m d’altitude, la halte de Villard-de-Lans se complait dans son cirque ensoleillé, au pied de la Grande Moucherolle (2 284 m). On plonge dans les sombres et spectaculaires gorges de la Bourne, bordées de falaises vertigineuses. II faut un peu s’employer pour parvenir sur le rebord du plateau de Saint-Julien, constellé de prairies fleuries. Les hauteurs environnantes sont couvertes d’imposantes forêts de feuillus et de résineux. Des pierres fichées dans le sol délimitent le plus souvent les exploitations agricoles. Passant devant l’entrée du récent tunnel des Grands Goulets, qui dessert la plaine du Royans, on rejoint La Chapelle-en-Vercors, haut-lieu du maquis de la Résistance. Rasé par l’occupant, le bourg a été entièrement reconstruit.

De la Chapelle-En-Vercors au col de Rousset à vélo

Pédalant plein sud, on déniche la surface calcaire tourmentée de la région, truffée de plus de 3000 gouffres, où on y trouve la grotte de la Draye Blanche. Légèrement surélevé, Vassieux-en-Vercors a lui également subi en 1944 un lourd tribut, rappelé dans son mémorial. Tout en bois, un musée de la préhistoire expose les techniques d’un atelier local de taille de silex. Avec une pente raisonnable de 3,5 % de moyenne, on aborde le col de Saint-Alexis (1 222 m), suivi sans formalité, quelques hectomètres plus haut, par le col de Rousset (1 254 m). Au sommet, franchissez le tunnel pour contempler le point de vue sur le versant méditerranéen du Diois, où sont accrochées les plantations viticoles de la pétillante clairette. Méfiez-vous toutefois du fréquent et fort contraste thermique régnant aux 2 extrémités de la galerie.

À voir obligatoirement… La grotte de la Draye Blanche, à la Chapelle-en-Vercors

Un savant jeu de travail des luminosités dévoile des milliers de stalactites. En surface, l’espace paléontologique met en exergue les 15000 ossements d’une quarantaine de sortes animales trouvés sur place, avec des représentations grandeur nature.

Du col de Rousset à la Balme-De-Rencurel

Lors de la longue glissade à vélo ou vélo-électrique, au fil de la Vernaison, on longe le sanctuaire naturel des Hauts-Plateaux (17 000 ha), royaume des chamois, des bouquetins, des lagopèdes, des marmottes et des tétras-lyres. Cet univers est souligné par les silhouettes caractéristiques du mont Aiguille et du Grand Veymont (2 341 m), point culminant du massif. Dans la cuvette, la grotte de la Luire forme la plus importante résurgence vauclusienne connue dans le monde, avec un réseau de plus d’une cinquantaine de Km de galeries. À Saint-Agnan, on prolonge l’aventure, en permanence au contact du cours d’eau, sur une modeste chaussée que voisinent d’insondables scialets. Les multiples sentiers muletiers croisés évoquent l’épopée des transhumances de cette terre d’élevage. Puis, une légère dénivellation se hisse le long du torrent du Buyeche. Une chaussée de faux plat continue après Saint Julien, avant une dégringolade par six épingles prononcées, pour rejoindre La Balme-de-Rencurel.

À voir obligatoirement… Le musée de la résistance, à Vassieux-en-Vercors

Dès 1940, des centaines de résistants affluent sur ce plateau pour constituer un important maquis. Sons, objets et images permettent de ressentir et de comprendre l’atmosphère de l’époque. À compléter avec le mémorial de la nécropole, tout proches.

De la Balme-De-Rencurel à Autrans

On aborde un nouveau passage dans le canyon de la Bourne, aux falaise friables, mais, cette fois-ci, on tourne à gauche aux Jarrands, pour rejoindre, par les gorges boisées du Méaudret, des plateaux familiers de générations de skieurs de fond. On remarque les toits en lauzes du bourg rural et forestier de Méaudre, le long d’une futaie d’épicéas, où se trouve le surprenant Trou qui souffle. Au printemps, le tapis floral multicolore est bercé par le chant des ruisseaux et les clarines des fermes et chalets traditionnels s’égrènent en direction de l’église de style architectural roman d’Autrans, domaine de la Foulée blanche, qui draine chaque hiver des milliers de sportifs. Ce point de vue grandiose est ceinturé, au nord, par les sommets de la Buffe et de la Sure, à l’ouest, par le signal de Nave et le bec de l’Orient… Puis, à l’est, par Plénouze, la Moliere et Charande. Le climat et la nature préservée favorisent l’éclosion de plus de 1800 sortes végétales, parmi lesquelles la gentiane et l’edelweiss, ou aussi le lys martagon.

À voir obligatoirement… Les grottes de Choranche

Surplombant les gorges de la Bourne, une modeste chaussée mène à un point de vue d’exception. Une féerie de concrétions variées ornant des salles phénoménales avec des cascades, un lac souterrain et les protées, étranges amphibiens sortis de la nuit des temps.

D’Autrans à Villard-De-Lans

A travers les sapinières, on aborde ainsi le col de la Croix-Perrin (1 222 m) par son versant le plus aisé (3,1 % de moyenne). Une courte descente à vélo conduit à la halte de Lans-en-Vercors, au pied des contreforts du Moucherotte (1 901 m) et du pic Saint-Michel (1 966 m). Le parcours se faufile ainsi dans la plaine et les combes, en traversant des bourgs pittoresques (aux frontons des toitures en d’oiseau), à proximité du château de plaisance des Girards. Ayant zigzagué sous les résidences de La Côte 2000, un dernier détour nous donne la possibilité de visiter le bourg montagnard pittoresque de Corrençon, perdu au fond de sa cuvette enchanteresse. Après un résumé des splendeurs rencontrées au cours du circuit à la maison du patrimoine de Villard-de-Lans, il sera temps de savourer des ravioles ou une fondue bien méritée.